[MANITOBA] Winnipeg la foisonnante

Par Joanie Lehoux



Winnipeg, tu es tellement foisonnante! Il est minuit présentement, et notre premier rendez-vous de la journée était à 11h30...

Douze heures. Douze heures pour 5 rencontres diverses. C'est qu'il y en a des choses à dire sur la communauté franco-manitobaine! Durant ces 5 rencontres, avec des gens de milieux bien différents, les échanges ont toujours coulé, les questions fusaient naturellement, les réflexions sur les sujets soulevés étaient riches et profondes. Winnipeg, tu es généreuse!

Nous avons commencé la journée en rencontrant Bertrand, professeur à l'école Louis-Riel, mais aussi artiste multidisciplinaire très cultivé. Et ferré d'histoire en plus! Non mais, il faut le faire! Nous dresser, le temps d'un dîner, un portrait de l'histoire complète des franco-manitobains, de leur implantation à leur réalité d'aujourd'hui. Honte à moi, je ne connaissais de Louis Riel que très peu de chose. À part savoir qu'il était métis francophone et qu'il s'était battu pour la cause des siens, je ne pouvais en dire plus sur l'histoire de la fondation du Manitoba. Et je pense malheureusement que c'est le cas aussi pour plusieurs Québécois. Que savons-nous réellement de l'histoire des autres provinces?


Liste de lectures franco-manitobaines suggérées par Bertrand, du gros bonheur pour la lectrice que je suis! ©Julie Pelletier


Ensuite, nous avons rencontré Stéphane, un jeune réalisateur de la région, dont les dernières oeuvres traitaient de la jeunesse franco-manitobaine, de leur désir d'aller voir ailleurs s'ils ne se trouveraient pas, du manque de culture francophone au Manitoba à laquelle s'identifier, mais aussi de l'envie de rester ici pour justement fonder et créer une culture qui leur est propre. C'était tellement énergisant de parler avec lui! Son amour de St-Boniface est évident (il y a bien le rapport amour-haine envers Winnipeg qui fait aussi partie de la réalité de la jeune génération, mais on n'embarquera pas dans ce sujet), et vouloir s'impliquer ou du moins réfléchir un futur franco-manitobain fort semble faire partie de ses priorités. Il nous a peint un portrait très vivant de l'effervescence actuelle, on sent que la scène artistique et culturelle est en bouillonnement. C'était très inspirant. Oui, très inspirant...

Nous avons continué notre « journée-rencontre » avec Gisèle, franco-manitobaine qui pratique l'art du taiko. Vous savez, ces immenses tambours sur lesquels les praticiens de cet art frappent en suivant des rythmes anciens, dans de grands mouvements aux allures martiales. 



Okay, vous n'y étiez pas, mais 5 tambours qui vibrent ensemble, ça rentre dedans! ©Julie Pelltier


Ce fut d'ailleurs nos premières images filmées!! À savoir maintenant si elles se retrouveront vraiment dans le film... Mais peu importe, quel bonheur de voir aller ces 5 guerriers. Et j'aurai le plaisir de vous en reparler plus en détail, parce que nous retournerons les voir mardi prochain, où deux autres de leurs condisciples se joindront à eux. 7 tambours! 7 tambours nous feront vibrer mardi prochain! Et en plus, nous aurons peut-être l'occasion de frapper nous aussi sur ces tambours. Vous nous enviez hein?

Pendant leur répétition, j'ai dû m'éclipser pour mon rendez-vous téléphonique avec Aimee, avocate métisse défendant les droits des Autochtones. Ça n'a duré que 5 minutes - on fait ça court lorsque 5 tambours se font aller dans la pièce d'à côté! -, mais j'ai pu lui exposer notre projet, lui en expliquer les grandes lignes afin de voir comment elle pouvait nous aider. Nous avons fixé une rencontre, un déjeuner samedi matin afin qu'elle nous parle de l'histoire des Métis et des causes autochtones qu'elle défend. Elle m'a parlé d'une série télé présentée il y a quelques temps à Radio-Canada, Je suis Michif. Je vais commencer cette série de 5 épisodes dès aujourd'hui, et je vous invite, si ce n'est déjà fait, à la regarder aussi.

Ouais, je réalise que déjà, à la première journée, j'ai en poche plusieurs oeuvres culturelles franco-manitobaines à découvrir. Winnipeg, t'es tellement bouillonnante!

Finalement, en sortant du cours de taiko et en marchant pour trouver un restaurant où souper, nous tombons sur une caserne de pompier, portes de garage grandes ouvertes sur la rue passante.


La qualité de ma photo est ordinaire (je n'ai pas le talent - et l'appareil à ma défense! - de Julie), mais vous voyez le genre. ©Joanie Lehoux


Voilà, notre curiosité était touchée, surtout pour notre réal adorée (réal, diminutif de réalisatrice). Dans le temps de le dire, elle était déjà partie vers la caserne et y entrait de son pas assuré, à la recherche de pompiers franco-manitobains. Eh bien, on doit lui donner, son audace a payé: nous avons eu le plaisir de faire une entrevue avec deux pompiers, paramédicaux en plus. Ils nous ont d'ailleurs averti que si jamais ils avaient un call, nous devions sortir d'ici en quatrième vitesse. Chose qui est arrivée!! Oui oui, je peux me vanter d'avoir assisté à un départ pour une intervention des pompiers, d'avoir vu une petite partie de la réalité de leur travail. 

Ils ont été très généreux et accueillants. Et c'était beau de les voir parler de leur communauté, du français, de leurs origines, de leur travail aussi. Encore une fois, que restera-t-il de cette entrevue dans le court métrage? Peut-être pas grand chose, mais nous, on gardera en souvenir cette rencontre fort sympathique, simple et profonde à la fois. Merci les gars!


Selfie avec des pompiers, check! ©Luc Barnabé avec l'appareil de Julie Pelletier

Premier constat de cette première journée de rencontres officielles: la générosité des franco-manitobains. Je pourrais dire des manitobains tout court en fait. Winnipeg, t'es tellement accueillante!

Deuxième constat, celui-là sur la langue française et la communauté francophone en territoire manitobain: les observations sur le futur de la langue et sur l'existence de la communauté varient selon la génération des personnes à qui l'on parle, selon leur métier, selon les milieux qu'elles fréquentent et les passe-temps qu'elles pratiquent, selon leur cercle familial et amical. Présentement, j'ai l'impression qu'il n'existe pas de vérité sur le fait français, que tout dépend de où les gens se situent par rapport à leur identité à la communauté francophone. 

Mais une chose est sûre, l'amalgame des communautés différentes au Manitoba, et je ne parle pas seulement des francophones, mais aussi des allemands, des africains, des ukrainiens, des islandais, est fort. Peut-être que ça n'a pas toujours été ainsi, mais présentement, je sens une ouverture sur la différence, et une acceptation de l'autre, dans le respect de ce qu'il est. Winnipeg, t'es tellement libérale! 

Pour dire, il y a le Folklorama Multicultural Festival, un festival qui célèbre pendant deux semaines les différentes cultures qui composent les racines de la population de Winnipeg. Il y a au-delà de 40 pavillons différents!! Winnipeg, t'es tellement multiculturelle!

Et juste pour vous titiller, une idée de court commence à germer dans nos têtes. Une anecdote cocasse, mais tellement intéressante, nous a été racontée lors d'une de nos rencontres. Trouvez laquelle...



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