[LOUISIANE] Toujours batailleurs
Par Guillaume Fournier
Heureusement, ce n’est pas tous les jours la folie.
Prenez hier, pour l’exemple.
Nous avions rendez-vous avec un personnage extrêmement connu du pays cajun, à savoir monsieur Norbert Leblanc.
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| © Samuel Matteau |
Depuis plus de cinquante ans, ce dernier arpente en long et en large le bayou du lac Martin, afin de le faire découvrir aux touristes francophones du monde entier.
Son entreprise est tout ce qu’il y a de plus artisanale - ce qui est absolument parfait, quand on le compare avec la compétition.
Grâce à lui, nous avons notamment pu voir des crocodiles et des tortues, ainsi qu’une quantité impressionnante de hérons (Grand Héron, Héron à tête blanche, Héron cendré, Héron vert, etc.).
| © Guillaume Fournier |
Nous avons également eu la chance de découvrir toutes sortes de petits écosystèmes, chaque partie du bayou venant avec ses propres particularités - et ses propres anecdotes.
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| © Samuel Matteau |
Mais surtout, nous avons eu la chance de recevoir une petite leçon d’histoire.
Nous étions loin de nous douter, par exemple, qu’une bonne quantité des cyprès que l’on retrouve encore dans les bayous étaient âgés de plus de 1200 ans.
Que le bois fourni par ces arbres, en plus de servir à la construction des maisons anciennes, fut également employé, à une certaine époque, par la compagnie Ford, dans l’habillage de certains de ses modèles de luxe.
Et que la mousse espagnole - ces espèces de petits fils soyeux, qui poussent dans les branches de cyprès - fut de même employée comme matériau de rembourrage, par les compagnies automobiles.
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| © Yannick Nolin |
| © Guillaume Fournier |
Autant d’histoires fascinantes, qui nous furent racontées entre deux gorgées de «Clair de lune» - une mixture artisanale concoctée par notre guide, qui rappelait vaguement le goût du calvados.
| © Guillaume Fournier |
Nous avons évidemment profité de cette première rencontre pour convaincre monsieur Leblanc de nous faire revisiter son bayou, mais de façon privée, cette fois, afin que nous puissions filmer le tout de façon plus convenable.
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| © Yannick Nolin |
Rendez-vous est donc pris pour vendredi matin - à condition qu’il ne pleuve pas, bien entendu.
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Nous avons poursuivi cette journée de repérage en nous rendant sur le campus de l’Université de la Louisiane à Lafayette, dans l’espoir un peu vague et un peu fou de tomber sur Kirby Jambon, un poète cadien primé par l’Académie française, que nous brûlons de rencontrer.
Il n’était malheureusement pas présent sur le campus, mais nous entretenons toujours l’espoir de le rencontrer prochainement.
| © Guillaume Fournier |
Il faut dire que nous avions déjà essayé quelques approches, pour tenter de le rejoindre.
En ce sens, n’hésitez pas à nous faire signe si jamais vous connaissez une façon de le contacter qui serait plus efficace qu’un numéro de téléphone!
MAJ : nous avons peut-être trouvé une nouvelle piste! Mais faites-nous quand même signe, si vous avez une idée quelconque.
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Nous avons terminé cette journée de repérage par un peu de shopping.
Bon, ça peut sembler très étrange à lire, comme ça, mais nous avions envie de découvrir la boutique Parish Inc, depuis que nous nous étions entretenus avec Jean-Robert Frigault, du CODOFIL.
Car ce dernier nous a beaucoup émus, lorsqu’il nous a raconté l’histoire tragique de Jillian Johnson, la cofondatrice de la boutique.
En plus d’être une musicienne de renom, une céramiste certifiée et une entrepreneure d’exception, Johnson était une jeune femme extrêmement impliquée, dans sa communauté.
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| Photo Facebook. |
À travers sa boutique, qui est rapidement devenue extrêmement populaire, chez les jeunes, Johnson avait notamment contribué à remettre le français au goût du jour, en Louisiane. À le replacer au centre des préoccupations. À le rendre cool, à nouveau.
On dit que c’est elle qui, à travers ses créations, aurait aussi permis à la ville de Lafayette de se redéfinir comme une ville francophile et tournée vers le fait français.
En plus de ses projets artistiques et de sa boutique, on la retrouvait également à la tête de l’organisme à but non lucratif TownFolk, dont l’objectif principal était d’encourager et de célébrer la diversité ethnique et culturelle de Lafayette.
À travers cet organisme, elle aurait notamment organisé un concert bénéfique, qui aurait pratiquement sauvé le CODOFIL des coupures orchestrées par l’ancien Gouverneur de l’État...
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| Le Parish Ink. Photo Instagram. |
Une femme d’exception, donc, qui fut tuée à l’âge de 33 ans par un tireur fou, alors qu’elle se trouvait tout bêtement dans une salle de cinéma.
Un destin tragique, qui mettait fin au parcours exemplaire d’une femme magnifique - à qui nous souhaitons évidemment rendre hommage, à notre tour.
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En fin de journée, Samuel et Jean-Pierre se sont dirigés vers Eunice, afin d’assister à une représentation du film Zachary Richard, toujours batailleur, du réalisateur néo-brunswickois Phil Comeau, qui était organisée par le CODOFIL.
Cela mettait fin à une journée de repérage, qui devrait être suivie par une autre journée de travail et de préparation qui devrait nous permettre de nous lancer dans une nouvelle étape de notre tournage.
Les choses se placent lentement, et c’est tant mieux pour nous!









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