[MANITOBA] Mes observations on the spot

Par Joanie Lehoux


Aujourd'hui, mon cerveau est mêlé! Mettez ça sur le compte de la fatigue (des nuits entre 3 à 5 heures depuis dimanche, oh yeah!), sur l'effervescence de la découverte, sur les rencontres tellement riches en informations diverses (mais tellement le fun aussi!) que mon cerveau n'en peut plus. Alors, je vais y aller pour une forme ben straight. Des réflexions qui m'ont poppé de même au fil des nombreuses conversations qu'on a eu. D'ailleurs, vous allez noter que j'ai pas beaucoup de photos à mettre sur le blogue; je pense qu'on était toutes les trois dans un mood vraiment plus smooth.

1) J'ai l'impression que les franco-manitobains connaissent vraiment bien leur histoire. Mais vraiment bien. C'est impressionnant. Les jeunes inclusivement. Comment va la connaissance de notre histoire chez nous?

2) En voyage, et je crois qu'on le fait tous, on a besoin de nommer, soit à nos amies avec qui l'on voyage, soit aux gens de la place à qui l'on parle, on a besoin de nommer ce qui, dans la ville, ressemble à chez nous. Même lorsqu'on veut être dépaysé, si on tombe sur quelque chose qui ressemble vraiment à notre pays, on est particulièrement touché. Pourquoi?

3) Je l'ai déjà dit, mais je pense que finalement, rien n'est réel. L'objectivité n'existe pas, tout est toujours teinté de notre sensibilité, du milieu dans lequel on évolue, de notre position. Qu'est-ce que la réalité finalement? ... Qui suis-je? Où vais-je?? Pourquoi??? (Non non, on ne s'embarque pas là-dedans!)

4) Le franglais est vraiment un sujet chaud ici. Ça soulève les passions. Est-ce vraiment du français? Est-ce le début de la fin? Est-ce juste une évolution normale de la langue? Qu'avez-vous pensé de mon introduction justement? Avez-vous remarqué que plusieurs mots venaient d'expressions anglaises ou votre lecture était quand même fluide? 

5) Parlant du franglais, il faut avouer que c'est très facile de se mettre à insérer des mots anglais dans notre vocabulaire. On est arrivées lundi seulement, et déjà, plus de mots anglophones parsèment nos phrases. C'est assez fascinant. (Les gars, ça ressemble à quoi de votre côté?) D'ailleurs, Julie, Franie et moi avons toutes eu un accent anglophone à un moment ou un autre de la soirée. Est-ce que l'inter-influence des deux langues se fait aussi sentir chez les unilingues anglophones de la région? Qu'un linguiste se mette là-dessus!

6) La langue, c'est notre identité. C'est ce qui nous relie à notre famille ou à notre communauté; là où on a été élevé, là où on s'est formé. La question de la langue soulèvera toujours les passions.

7) Être trop replié sur soi peut tuer à la longue la vitalité d'une langue, mais la trop grande ouverture sur le monde peut-elle être un danger à la perte de nos racines et de notre identité? Quel est l'équilibre?

8) Le « vrai » français n'existe pas. C'est comme le principe du « vrai » monde, c'est un mythe. Si quelqu'un a déjà vu une « vraie » personne ou a entendu « le vrai français », vous me ferez signe.

9) Les accents, c'est merveilleux!

10) Personne n'a de gène raciale 100% pur (brrrrr, juste écrire cette expression me donne froid dans le dos et me ramène à une guerre pas si lointaine). On est un fameux mélange de plusieurs cultures. On vient tous à la base des civilisations anciennes qui ont formé l'humanité. Donc, si on y pense bien, on est tous des semblables, non?

11) En voyage, on a une ouverture sur l'autre assez magique! On est plus game (Voyez!!) d'aborder les autres pour le plaisir de la rencontre et de la discussion que lorsqu'on est chez nous. N'y aurait-il pas moyen de garder un peu de cette ouverture lorsqu'on revient à la maison?

Parlant maison, que pensez-vous de cette photo?


#lecanadaetlehockey, #quevoulezvousonestunpaysnordique, ©Julie Pelletier

Commentaires

  1. Ah! Le point 7 est un sujet immensément intéressant! Dans une ère où le multiculturalisme prend sa place de plus en plus dans le monde, je me demande si les gens y prendront intérêt ou non et si oui, comment ils l'aborderont et y trouveront justement cet équilibre.

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    1. Salut, merci beaucoup pour ta réponse! (Je me permets de te tutoyer!) ;) Effectivement, cette question m'occupe l'esprit depuis les nombreuses conversations que j'ai eues ici. En fait, depuis plus longtemps que ça, mais le parallèle est encore plus fort dans ce cadre de minorité de la francophonie. Je n'ai pas vraiment de réponse encore, mais Aimee ,que nous avons rencontrée hier matin, soulevait l'importance d'un lieu commun pour les minorités, pour que l'esprit de communauté existe au moins à quelque part. J'ai trouvé ça très intéressant et je pense qu'elle a mis le doigt sur une chose que j'observais, mais que j'étais encore incapable de nommer. Avec l'absence des parvis d'église pour nous rencontrer maintenant, quel sera le lieu du futur où se retrouver et se réunir?

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